Air du temps… nauséabond…

Le 6 juin la municipalité de Quimper actait la mort du « Quartier » son centre d’art inauguré il y a une vingtaine d’années. Un séisme à l’échelle de cette petite ville bretonne peu dotée en biens culturels, si l’on s’accorde à dire que les crêperies n’appartiennent pas à cette catégorie…
Rappelons tout de même que ces centres d’art (celui là comme ses homologues un peu partout dans l’hexagone) étaient le fruit d’une réflexion et d’une politique de décentralisation, qui sous l’impulsion de François Mitterand et Jack Lang son Ministre de la Culture, ont suscité une dynamique culturelle qui a conduit à enrichir les collections, à ouvrir les publics à l’art contemporain, à enrichir les écoles d’art locales en offrant aux étudiants des lieux d’études. En l’occurence, c’était le cas à Quimper, les locaux du Quartier jouxtant ceux de l’Ecole des Beaux Arts.
Ce que cela signifie sur le fond, est que la culture n’est plus un enjeu pour les politiques quelque soit leur bord ! Et qu’en dehors du dossier des intermittents du spectacle (seuls acteurs de la culture à pouvoir faire pression), le sujet n’intéresse pas grand monde. Perte de repères, peur d’affirmer, à l’heure où certaines valeurs sont à défendre et où la culture oppose encore ses remparts face à toutes sortes de barbaries, ce recul des classes politiques par désintérêt et disons le aussi manque de culture des hommes et femmes qui les constituent est de bien mauvais augure !

Le Quartier

Out of Order

Michael LandyOut of order, littéralement « hors service » est le titre de la première grande rétrospective de Michael Landy au Musée Tinguely de Bâle.
En présentant toutes ses œuvres de 1990 à aujourd’hui en effaçant tout parcours chronologique, l’artiste a pris le parti de générer un vaste « paysage anglais » sic… L’ensemble, de prime abord chaotique et peu convivial, trace le portrait d’un pur produit de l’Angleterre des années Margaret Thatcher, rejeton des classes laborieuses, éternellement révolté et contestataire…

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Buren toutes voiles dehors et en treize couleurs à la Fondation Louis Vuitton

Daniel Buren n’est jamais aussi pertinent que lorsqu’il investit un lieu pour y déployer un travail in-situ. C’est là le cœur de sa réflexion depuis des décennies : partir d’un « étant donné », d’une situation architecturale avec tout ce qu’elle induit au delà de sa forme (fonction symbolique et attribution, implantation géographique, …).
« L’observatoire de la lumière », pièce in-situ conçue pour la Fondation Louis Vuitton n’échappe pas à cette logique.

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Le livre qui m’accompagne

Patti Smith - M Train« Ce n’est pas si facile d’écrire sur rien. C’est ce que disait le cow-boy au moment où j’entrais dans le rêve. Vaguement bel homme, intensément laconique, il se balançait dans un fauteuil pliant, le dos calé contre le dossier, son Stetson effleurant l’angle extérieur brun foncé d’un café isolé. Je dis isolé car il semblait n’y avoir rien d’autre alentour qu’une pompe à essence antédiluvienne et un abreuvoir rouillé, où des taons volaient en rond au-dessus des derniers filets d’une eau croupie.
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Euro-Vision


Telex, Euro-vision
Eurovision, 1980

De pire Empires…

Surproduite, surjouée, surexposée, « Empires » l’installation de Huang Yong Ping conçue pour l’édition 2016 de Monumenta agit comme une gigantesque attraction propre à séduire un public en mal d’images à sensations.
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Monumenta ou la peur du vide

Richard Serra - Promenade, 2008

Richard Serra – Promenade, 2008

Depuis sa première édition, Monumenta cette exposition d’abord annuelle puis organisée tous les deux ans sous l’immense verrière du Grand Palais (Paris), pose question…
En cause le gigantisme et la hauteur de la nef qui incitent les artistes à « remplir le lieu » à tout prix, et à vouloir rivaliser avec une architecture que l’on peut difficilement oublier. Certains ont fait le choix de la hauteur (Richard Serra), d’autres du volume (Anish Kapoor), ou ont saturé l’espace au sol (Christian Boltanski, Daniel Buren).
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Giovanni Segantini (1858-1899)

Giovanni Segantini - Mezzogiorno sulle Alpi, 1891

Mezzogiorno sulle Alpi, 1891

Quasiment inconnu en France où aucune exposition n’a eu lieu, Giovanni Segantini est une figure majeure de l’art de la fin du 19e siècle. Inclassable, car à la soudure du symbolisme, du post impressionnisme ou du primitivisme, il vit quelque peu en marge d’une organisation sociale qu’il fuit, cherchant toujours plus en altitude tranquillité et fusion avec les éléments.
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