Les bijoux de Faust

« Le bijou d’artiste est la manifestation d’une pensée scélérate » affirme Faust Cardinali dans un texte/manifeste rédigé en 2013… Manière somme toute un peu abrupte de forcer le trait ou d’annoncer la couleur.
Artiste plasticien, orfèvre, sa pratique du bijou relève à la fois de la sculpture et des techniques les plus raffinées de la joaillerie, le tout incluant une bonne dose d’expérimentation.
De fait les pièces qu’il imagine relèvent autant de l’objet que l’on se plait à poser et à contempler sur une table, que du bijou que l’on arbore. Leur taille, leur volume d’emblée en imposent…
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Sheila Hicks

Souvent rangée dans la catégorie des « artistes textiles » dont elle est considérée comme l’une des pionnières, Sheila Hicks née en 1934 à Hastings (Nebraska), s’inscrit dans la lignée des héritiers du Bauhaus. Elève de Josef Albers dont elle suit les cours à la Yale School of Art and Architecture, elle en retient les théories sur la couleur et les effets optiques.
Sans doute aussi retient-elle l’idéal du Bauhaus pour un « art total » allant de l’architecture aux arts plastiques, du design aux arts décoratifs et à la mode, réinventant de toutes pièces environnement quotidien et art de vivre.
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For Ever Young

Adomos, 1984L’histoire commence à l’aube des années 70 et se termine en 1990. En l’espace de deux décennies, sans jamais avoir été adoubé par le marché (alors relativement inexistant), Présence Panchounette est devenu le groupe d’artistes français auquel il est bon de se référer. Trublions en éternelle rébellion, grains de sables ayant maintes fois fait grincer les dents du système à coup de tracts, d’actions, de lettres ouvertes, leurs propos et leurs œuvres séduisent aujourd’hui ceux qui les détestaient hier (sans doute parce qu’ils n’ont plus rien à craindre) !
Véritables « artistes à artistes » leurs propositions ont marqué nombre de leurs homologues, y compris parmi une génération qui ne les a croisé que dans les catalogues. Alors que la galerie Sémiose à Paris vient d’ouvrir sa seconde exposition consacrée à Présence Panchounette, retour sur un entretien réalisé en 2009 avec Frédéric Roux et publié dans feu Be Contemporary Magazine.

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La campagne qui fait mouche

Découverte hier sur les quais du métro parisien une campagne d’affichage dont le parti-pris déplace l’esthétique et le propos qui s’appliquent à la communication de l’univers du luxe.
Pour promouvoir ses nouvelles boutiques parisiennes dédiées au parfum et à la beauté, CHANEL a choisi la forme du manifeste.
Communication minimaliste en bichromie : typographie noire sur fond de couleur faisant subtilement écho au produit mentionné, et slogans flirtant non sans humour avec le second degré.
img_9842À l’exact opposé d’un effet de communication ces affiches s’inscrivent dans une interprétation contemporaine des fondamentaux énoncés par Mademoiselle Chanel dès le début des années 1920 alors qu’elle lance ses premiers parfums et cosmétiques rompant avec les codes en vigueur en ce début de siècle : elle ose et impose les emballages sobres, le graphisme épuré, des intitulés ramenés à des numéros de matricules : 5, 22, 19 … La Bichromie des cartonnages et emballages blancs soulignés de noir, une forme d’abstraction et une dimension conceptuelle que lui inspirent ses amis artistes et écrivains tous engagés dans les avant-gardes de son époque (cubistes, dadaïstes, constructivistes) : une révolution signée CHANEL.
Sur les quais du métro, la marque fait encore une fois la démonstration de ses capacités à prendre quelques bonnes longueurs d’avance sur ses concurrentes…

Air du temps… nauséabond…

Le 6 juin la municipalité de Quimper actait la mort du « Quartier » son centre d’art inauguré il y a une vingtaine d’années. Un séisme à l’échelle de cette petite ville bretonne peu dotée en biens culturels, si l’on s’accorde à dire que les crêperies n’appartiennent pas à cette catégorie…
Rappelons tout de même que ces centres d’art (celui là comme ses homologues un peu partout dans l’hexagone) étaient le fruit d’une réflexion et d’une politique de décentralisation, qui sous l’impulsion de François Mitterand et Jack Lang son Ministre de la Culture, ont suscité une dynamique culturelle qui a conduit à enrichir les collections, à ouvrir les publics à l’art contemporain, à enrichir les écoles d’art locales en offrant aux étudiants des lieux d’études. En l’occurence, c’était le cas à Quimper, les locaux du Quartier jouxtant ceux de l’Ecole des Beaux Arts.
Ce que cela signifie sur le fond, est que la culture n’est plus un enjeu pour les politiques quelque soit leur bord ! Et qu’en dehors du dossier des intermittents du spectacle (seuls acteurs de la culture à pouvoir faire pression), le sujet n’intéresse pas grand monde. Perte de repères, peur d’affirmer, à l’heure où certaines valeurs sont à défendre et où la culture oppose encore ses remparts face à toutes sortes de barbaries, ce recul des classes politiques par désintérêt et disons le aussi manque de culture des hommes et femmes qui les constituent est de bien mauvais augure !

Le Quartier

Out of Order

Michael LandyOut of order, littéralement « hors service » est le titre de la première grande rétrospective de Michael Landy au Musée Tinguely de Bâle.
En présentant toutes ses œuvres de 1990 à aujourd’hui en effaçant tout parcours chronologique, l’artiste a pris le parti de générer un vaste « paysage anglais » sic… L’ensemble, de prime abord chaotique et peu convivial, trace le portrait d’un pur produit de l’Angleterre des années Margaret Thatcher, rejeton des classes laborieuses, éternellement révolté et contestataire…

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Buren toutes voiles dehors et en treize couleurs à la Fondation Louis Vuitton

Daniel Buren n’est jamais aussi pertinent que lorsqu’il investit un lieu pour y déployer un travail in-situ. C’est là le cœur de sa réflexion depuis des décennies : partir d’un « étant donné », d’une situation architecturale avec tout ce qu’elle induit au delà de sa forme (fonction symbolique et attribution, implantation géographique, …).
« L’observatoire de la lumière », pièce in-situ conçue pour la Fondation Louis Vuitton n’échappe pas à cette logique.

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Le livre qui m’accompagne

Patti Smith - M Train« Ce n’est pas si facile d’écrire sur rien. C’est ce que disait le cow-boy au moment où j’entrais dans le rêve. Vaguement bel homme, intensément laconique, il se balançait dans un fauteuil pliant, le dos calé contre le dossier, son Stetson effleurant l’angle extérieur brun foncé d’un café isolé. Je dis isolé car il semblait n’y avoir rien d’autre alentour qu’une pompe à essence antédiluvienne et un abreuvoir rouillé, où des taons volaient en rond au-dessus des derniers filets d’une eau croupie.
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Euro-Vision


Telex, Euro-vision
Eurovision, 1980